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Effets secondaires du THM : quand et comment ajuster le dosage ?

Dernière mise à jour : il y a 22 heures

Les effets secondaires observés au début d’un traitement hormonal de la ménopause sont le plus souvent le signe d’un dosage ou d’une absorption à ajuster, et non d’un danger. Fatigue, saignements, douleurs aux seins, etc. Ces effets sont fréquents dans les premières semaines et amènent souvent la même question : le traitement est-il trop fort, pas assez dosé, ou simplement en phase d’adaptation ?

Le THM n’est pas un traitement standard, il s’ajuste. Alors, quand attendre, Quand modifier le dosage ? Quand réévaluer l’absorption ? On fait le point.




Saignements, fatigue, effets secondaires : comprendre et ajuster

« Ma gynécologue m’a prescrit 200 mg de progestérone par voie orale le soir et un spray d’œstradiol sur l’avant-bras. Les trois premiers jours, c’était génial. Puis fatigue intense, vertiges au point de me tenir au mur, règles hémorragiques. Et douleur dans les seins. »

Ce type de situation est fréquent au début d’un traitement hormonal de la ménopause. Il est souvent vécu comme un signal d’alerte, voire comme la preuve que le THM ne convient pas, alors qu’il correspond le plus souvent à une phase d’adaptation hormonale nécessitant des ajustements.

Effets secondaires du THM : un problème de dosage plus qu’un risque

Fatigue intense, sensation de « coup de massue », vertiges, etc. Ces symptômes sont très fréquemment liés à la progestérone, surtout lorsqu’elle est prescrite à 200 mg par voie orale. La progestérone exerce un effet sédatif central qui améliore le sommeil chez certaines femmes. Chez d’autres, il est excessif et se traduit par une fatigue écrasante, une difficulté à fonctionner dans la journée, voire des vertiges ou une sensation de malaise. Ce tableau ne traduit pas forcément une intolérance définitive, mais un déséquilibre de dose ou de voie d’administration.

Saignements sous THM : un signal d’ajustement

Des saignements prolongés ou abondants au démarrage d’un THM sont le plus souvent liés à un déséquilibre transitoire entre l’œstradiol et la progestérone. L’endomètre, souvent exposé à des variations hormonales importantes en périménopause, réagit à une nouvelle stimulation hormonale plus régulière, et cette réaction peut se manifester par des saignements continus pendant plusieurs semaines. Dans la majorité des cas, ces saignements ne sont pas dangereux, mais ils doivent être pris en compte dans l’évaluation et l’ajustement du traitement.

Douleurs mammaires : faut-il réduire l’œstradiol ?

Les douleurs ou tensions mammaires sont classiquement liées à l’œstradiol, en particulier au démarrage du traitement ou après une augmentation de dose.

Elles reflètent une sensibilité des tissus mammaires aux œstrogènes. Idem : ce n’est pas un signe de danger, mais un indicateur que la dose ou l’absorption doivent être réévaluées.

Ajuster un THM : dose, absorption, forme du traitement

Evidemment : toujours avec un·e professionnel·le de santé.

Progestérone

Lorsque la fatigue devient envahissante, qu’elle s’accompagne d’une sédation excessive ou d’une altération marquée de la qualité de vie, plusieurs ajustements peuvent être envisagés :

  • réduire la dose, par exemple en passant de 200 mg à 100 mg, afin de conserver l’effet protecteur de la progestérone tout en limitant ses effets indésirables.

  • Modifier la voie d’administration : la voie vaginale est souvent mieux tolérée que la voie orale, car elle limite le passage hépatique et réduit les effets généraux comme la somnolence ou la fatigue intense.

  • Le moment de la journée : La progesterone est traditionnellement prescrite le soir, mais certaines femmes l'absorbent mieux le matin. Ça peut aider si elle vous donne une sensation de lourdeur le matin et / ou elle perturbe votre sommeil.

    ⚠️ À surveiller :

    • Somnolence en journée.

    • Sensation de brouillard mental.

    • Baisse d’énergie.

  • Changer de marque de laboratoire

  • Le schéma de prise, continu ou cyclique, peut être réévalué en fonction du stade de périménopause, du profil hormonal et de la présence de saignements :

    • Un schéma continu consiste à prendre de la progestérone tous les jours, sans interruption, en même temps que l’œstradiol. Il est généralement utilisé lorsque les règles sont déjà très irrégulières ou absentes, ou chez les femmes plus avancées dans la transition ménopausique. Ce schéma vise à stabiliser l’endomètre et à réduire progressivement les saignements.

    • Un schéma cyclique consiste à prendre la progestérone sur une partie du mois seulement, le plus souvent 10 à 14 jours par cycle, entraînant un saignement de privation après l’arrêt. Il est plus souvent proposé en périménopause, lorsque l’activité ovarienne est encore fluctuante et que des règles spontanées persistent.


Œstradiol

Lorsque les douleurs mammaires persistent ou que les saignements ne se stabilisent pas, la question n’est pas uniquement celle de la dose prescrite, mais souvent celle de l’absorption réelle de l’hormone.

  • Une première étape peut consister à réduire transitoirement la dose, par exemple passer de deux applications quotidiennes à une seule, afin d’observer la réponse des tissus hormonodépendants.

  • Mais il est tout aussi important de s’interroger sur la zone d’application : L’absorption cutanée de l’œstradiol varie fortement selon les régions du corps.

Chez certaines femmes, une application sur l’avant-bras est efficace, alors que chez d’autres, l’application vers l’intérieur des cuisses, le bas-ventre ou une zone plus vascularisée peut modifier de façon significative les taux d’œstradiol circulants, sans changer la dose prescrite.

  • Le moment de la journée : certaines femmes absorbent mieux le matin, d’autres le soir, en fonction de leur rythme biologique et cutané.

Ces différences expliquent pourquoi deux femmes utilisant exactement le même traitement peuvent avoir des effets très différents.


Quel que soit l’ajustement envisagé, il est essentiel de stabiliser :

  • une dose,

  • une zone d’application

  • un rythme d’utilisation pendant 6 semaines 

avant d’en tirer des conclusions. En effet, changer trop rapidement entretient l’instabilité hormonale et multiplie les ajustements inutiles.

ATTENTION Ce principe vaut uniquement lorsque les symptômes sont modérés et compatibles avec la vie quotidienne. Lorsque les effets secondaires deviennent envahissants, s’aggravent avec le temps, ou altèrent le fonctionnement quotidien (fatigue extrême, malaise, vertiges, migraines répétées, anxiété inhabituelle, douleurs importantes, troubles digestifs persistants ou saignements abondants, etc), il s'agit de ré-évaluer rapidement le traitement

Un dosage sanguin de l’œstradiol peut alors être utile, non pas pour surveiller systématiquement, mais pour vérifier si l’hormone est effectivement absorbée avant d'orienter les ajustements de manière plus ciblée et plus sécurisée.



 
 
 

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