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Assises de la ménopause 2026 : retours sur les annonces, chiffres et autres avancées à suivre

il y a 3 jours
5 min de lecture

Le jeudi 15 octobre 2026, les premières Assises de la ménopause se sont tenues à PariSantéCampus, à Paris, et la ministre de la Santé Stéphanie Rist y a annoncé treize mesures sur l’information, la prévention et la prise en charge, en présence du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou et de la ministre de l’Égalité Aurore Bergé. J’y étais, et je vous détaille ce qui est annoncé, ce qui reste à construire et ce que vous pouvez en faire dès maintenant, que vous soyez concernée à titre personnel ou que vous accompagniez des femmes dans votre métier



Les chiffres à retenir

Le communiqué du ministère de la santé rappelle que :

  • 17,2 millions de femmes sont concernées par la ménopause en France

  • 61 % des femmes concernées déclarent n’avoir jamais reçu d’information d’un professionnel de santé,

  • 57 % jugent le sujet difficile à aborder.

L’enquête Toluna Harris Interactive, réalisée en ligne du 18 au 22 septembre 2026 auprès de 2 068 femmes représentatives de la population féminine de 18 ans et plus, indique que 32 % des femmes en ménopause et 31 % des femmes en périménopause ont déjà rencontré des difficultés à exercer leur travail à cause de leurs symptômes.

La cohorte Climatère de l’hôpital Foch a présenté une première analyse portant sur 4 140 participantes. Elle décrit la périménopause comme une période particulièrement sensible, avec plus d’une femme sur quatre qui déclare des troubles fréquents du sommeil, un sommeil perturbé qui ne doit pas être attribué d’office aux seules bouffées de chaleur. Sur le plan corporel, la différence brute de tour de taille est de 1,68 cm après la ménopause, sans différence significative d’IMC, alors que 40 % des participantes déclarent avoir pris du poids. C'est un détail parmi cette avalanche de chiffres, mais qui souligne néanmoins l'importance de prendre en compte le vécu corporel des femmes (ce qu'elle ressentent) VS le poids sur la balance ou le simple IMC.

Les 3 axes officiels annoncés

1.Mieux informer

  • Santé publique France lancera en janvier 2027 une campagne nationale de dix vidéos pédagogiques en partenariat avec Mesdames Production.

  • Un espace dédié à la ménopause est déjà ouvert sur Santé.fr, et un premier guide de bonnes pratiques destiné aux créateurs de contenus est publié pour favoriser des informations fiables (j'y reviens plus loin dans cet article).

  • La ménopause est également intégrée aux travaux du ministère contre la désinformation en santé.


2.Mieux suivre. 

  • Les recommandations de la Haute Autorité de santé sont attendues début 2027 et seront intégrées aux priorités de formation continue des professionnels de santé.

  • Le dispositif Mon Bilan Prévention, proposé notamment entre 45 et 50 ans, sera renforcé.

  • Des négociations s’ouvriront dans les prochaines semaines entre l’Assurance maladie et les sages-femmes pour créer une consultation longue ménopause, et la HAS est saisie pour étudier les conditions dans lesquelles les sages-femmes pourraient prescrire un traitement hormonal de la ménopause (THM).


3.Mesurer le coût.  Le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan étudiera le coût du manque d’information, d’accompagnement et de prise en charge, ainsi que les bénéfices attendus d’un meilleur accompagnement pour les femmes, les employeurs et la société, avec des conclusions à la Journée mondiale de la ménopause 2027.


Ce que cela change concrètement pour vous

  • Rien ne se déclenche automatiquement à ce stade, puisque les recommandations de la HAS, la consultation longue et la campagne nationale arriveront en 2027.

  • Entre 45 et 50 ans, Mon Bilan Prévention constitue déjà une porte d’entrée pour aborder la ménopause avec un professionnel de santé, et l’espace Santé.fr rassemble des informations de référence.

  • Avant un rendez vous, noter la nature, la fréquence et le moment de vos symptômes, notamment du sommeil, donne à l’échange une base plus précise (je vous rappelle que vous pouvez télécharger ici votre journal des symptômes).

  • Toute décision de traitement, y compris hormonal, se prend avec un médecin avec un médecin, la prescription par les sages-femmes étant à l’étude.

Ménopause au travail : ce que les entreprises et les professionnel.les peuvent déjà en tirer

Un tiers des femmes concernées déclarent des difficultés au travail, et l’étude annoncée devrait donner pour la première fois en France un chiffrage du coût de l’inaction. La présence du ministre du Travail aux Assises place le sujet dans le champ des conditions de travail, sans que le communiqué annonce à ce stade de nouvelle obligation pour les employeurs.

Le communiqué ne dit rien non plus des professionnel.les qui ne sont pas soignant·es et accompagnent déjà des femmes de plus de 40 ans au quotidien : coachs sportif.ves, professionnel.les de la nutrition, praticien.nes du bien-être, accompagnant·e. en gestion des émotions. Ce sont pourtant elles et eux qui voient les effets du sommeil, de la composition corporelle ou du stress que décrit Climatère. C’est d'ailleurs tout l’objet de la formation Ventilo qui permet d’intégrer une lecture hormonale rigoureuse à sa pratique, sans diagnostic ni prescription.

Mon regard sur cette journée

Les points (vraiment) très positifs et rassurants : 1/La motivation officielle a rattraper le retard de la France quant à la gestion des troubles ménopausiques, et surtout : la mise en place d'études sur le coût économique de l'indication autour de la péri/ménopause. La présence du ministre du travail était à ce titre un énorme signal pour moi.

2/ La formation continue des professionnels de santé, soulignée à de nombreuses reprises lors de ces Assises, pour pallier le manque de connaissance des médecins et gynécologues sur ce sujet (mais quid de la formation initiale ?) 3/ D'un point de vue plus personnel : le guide pour les créateurs de contenus vont dans le sens que je défends depuis longtemps, et je suis soulagée de voir la désinformation médicale traitée comme un sujet de santé publique. À quand l'arrivée d'une charte officielle comme il existe déjà chez les influenceurs par exemple ?

Plusieurs éléments restent néanmoins en suspens : > Quels financements associés à ces mesures ? Quel calendrier concret de mise en place ? > Les professionnels de santé ne s’accordent pas sur la prescription du THM par les sages-femmes, alors que la présidente de leur Ordre rappelle qu’une femme sur deux en France n’a à ce jour aucun suivi gynécologique. > La consultation longue reste à bâtir : le gynécologue Olivier Marpeau, plus connu sous le nom de @mon.gyneco sur Instagram rappelle à juste titre que ses confrères libéraux n’accepteront pas de consacrer quarante cinq minutes à une patiente au tarif actuel (en rappelant qu'une consultation médicale actuelle dure en moyenne 7 à 10 min). Des négociations s’ouvriront dans les prochaines semaines entre l’Assurance maladie et les sages-femmes, notamment pour mettre en place une consultation longue ménopause, dont ni la durée ni la rémunération ne sont précisées à ce stade, mais cette première étape renvoie aussi aux désaccords persistants entre les périmètres donnés à chacun. > La place des entreprises est enfin nommée, même il n'est pour l'instant question que de bonnes pratiques. Je ne doute pas que l'étude sur le coût de la ménopause, avec ses conclusions qui seront apportées dans un an fonderont de futures règles. Les communiqués officiels Le communiqué de presse du ministère de la Santé https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/assises-de-la-menopause-stephanie-rist-annonce-de-nouvelles-mesures-pour-mieux 

Projet Climatère, hôpital Foch climatere.fr.

Baromètre Toluna Harris Interactive, enquête en ligne du 18 au 22 septembre 2026 auprès de 2 068 femmes et 1 025 hommes (quotas d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région),

Haute Autorité de santé, travaux sur la prise en charge de la femme en période de périménopause et de ménopause en soins de premier recours : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3737819/fr/prise-en-charge-de-la-femme-en-periode-de-peri-menopause

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