THM et contraception hormonale : deux traitements qui n'ont rien en commun
- il y a 2 jours
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Peut-être avez-vous pris la pilule pendant des années, avec des souvenir encore marqués de l'acné, des kilos et des montagnes russes émotionnelles qui ont accompagné vos premières plaquettes ? Alors maintenant que vous avez vieilli et que se pose la question du Traitement Hormonal de la Ménopause, la seule chose que vous entendez, c'est "hormones", et ça vous rappelle de très mauvais souvenirs ?
C'est une réaction légitime, mais elle repose sur une confusion que nous allons expliquer dans cet article : la pilule et le traitement hormonal de la ménopause n'ont pas les mêmes molécules, pas les mêmes doses, pas le même objectif, et pas les mêmes effets sur votre corps.
Ce que faisait la pilule
La contraception hormonale (qu'il s'agisse d'une pilule combinée ou d'une pilule progestative) fonctionne sur un principe de leurre : elle envoie au cerveau le signal qu'il y a déjà des hormones en circulation, ce qui bloque la stimulation des ovaires et empêche l'ovulation.
Concrètement : votre cycle est mis en veille. Sans ovulation, pas de progestérone naturelle produite. Le corps tourne en régime artificiel, avec des molécules de synthèse qui imitent les hormones naturelles mais ne sont pas identiques à celles que vos ovaires produisaient.
C'est précisément ce décalage entre ce que le corps produisait naturellement et ce que la pilule apportait qui expliquait une partie des effets ressentis : rétention d'eau, variations d'humeur, baisse de libido, prise de poids.
Ce que fait le THM
Le traitement hormonal de la ménopause part d'une logique inverse :
en périménopause et à la ménopause, vos ovaires produisent de moins en moins d'œstradiol et de progestérone. Le THM ne cherche pas à bloquer quoi que ce soit mais plutôt à compenser ce qui manque, avec des molécules bio-identiques, c'est-à-dire structurellement identiques à celles que vos ovaires produisaient naturellement.
L'objectif est de maintenir un niveau hormonal suffisant pour que le corps continue à fonctionner dans de bonnes conditions : sommeil, os, système cardiovasculaire, muqueuses, humeur, cognition, versus mettre le cycle en veille quand vous prenez la pilule.
Les doses utilisées dans un THM sont sans commune mesure avec celles d'une contraception, elles visent à atteindre des taux physiologiques proches de ce que le corps produisait..
Ce qui change
La pilule apportait des hormones de synthèse à doses contraceptives pour bloquer l'ovulation. Le THM apporte des hormones bio-identiques à doses physiologiques pour compenser une carence.
Attention, cela ne signifie pas que le THM convient à toutes les femmes, ni qu'il est sans effets secondaires possibles notamment dans les premières semaines d'adaptation. Mais les comparer à ce que vous avez vécu sous pilule, c'est comparer deux traitements qui n'ont en commun que le mot "hormones".
Et les traitements de stimulation ovarienne ?
C'est encore une troisième logique, distincte des deux premières.
Les traitements utilisés dans le cadre d'une aide médicale à la procréation (stimulation ovarienne, FIV) visent à provoquer une production importante d'ovocytes en forçant les ovaires à produire bien au-delà de ce qu'ils feraient naturellement. Les doses sont élevées, les molécules parfois différentes, et les effets ressentis peuvent être intenses : gonflement, inconfort, hyperstimulation dans les cas les plus marqués.
Ce contexte n'a rien à voir avec le THM dans lequel la logique est, encore une fois, de vous proposer la plus petite dose hormonale bio-identique qui lisse vos troubles.
Prendre la pilule en périménopause : réguler les symptômes ou traiter leur cause ?
En France, certaines femmes en périménopause se voient proposer une pilule contraceptive / stérilet hormonal pour réguler des cycles devenus chaotiques, réduire des saignements abondants, ou assurer une contraception encore nécessaire. Ces prescriptions ont une logique clinique mais elles répondent à un symptôme sans adresser ce qui se passe sur le fond : la pilule / stérilet hormonal masquent les fluctuations de la périménopause sans les compenser. Les cycles semblent réguliers, les saignements diminuent mais la carence en œstradiol et en progestérone continue de s'installer.
La contraception répond à un besoin immédiat et visible alors que la transition hormonale demande une lecture plus fine de ce qui se passe sur le fond.
Les recommandations internationales sont aujourd'hui claires sur le fait qu'une femme symptomatique en périménopause peut bénéficier d'un THM complet, sans attendre que la ménopause soit confirmée. N'hésitez pas à demander une réévaluation avec un.e médecin formé à la ménopause.
Par où commencer ?
Comprendre ce que vous ressentez est la première étape avant toute décision sur un traitement. Si vous voulez faire le point sur vos symptômes (leur fréquence, leur intensité, ce qu'ils perturbent réellement dans votre quotidien, etc.) vous pouvez télécharger notre journal des symptômes pour vous aider à y voir plus clair, et peut-être à préparer votre prochain rendez-vous médical ?


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