THM et risque de thrombose : retour sur la publication de l'étude du 23 septembre 2026

Une étude danoise publiée dans le British Medical Journal le 23 septembre 2026 a été largement relayée dans les media francais, avec parfois des titres racoleurs concernant les associations entre thromboses, risque d'AVC, d'infarctus et prise d'oestrogène oral. On fait le point.
L'étude en question
Les chercheurs ont analysé les données de santé de plus d'un million de femmes danoises âgées de 50 à 69 ans, suivies pendant vingt ans. Résultat : le THM administré par voie orale uniquement, c'est-à-dire sous forme de comprimés, est associé à un surrisque de thrombose veineuse, indépendamment de la dose et de la durée du traitement. Concrètement : un cas supplémentaire de caillot sanguin pour 1 055 femmes traitées par voie orale pendant un an. Les risques d'AVC et d'infarctus, eux, apparaissent uniquement en cas d'utilisation prolongée à forte dose. Voie orale, voie transdermique : c'est quoi la différence ?
La voie transdermique regroupe tout ce qui s'applique sur la peau : gels, patchs, sprays. Contrairement aux comprimés, ces formes ne passent pas par le foie avant d'atteindre la circulation. Ce chemin différent modifie profondément le profil de risque, c'est d'ailleurs ce que souligne aussi cette étude : la voie transdermique ne montre aucune augmentation du risque thromboembolique, quels que soient le schéma de traitement, les molécules utilisées, la dose et la durée.
Vous êtes sous gel, patch ou spray ?
En France, 85% des femmes sous THM utilisent un traitement transdermique pour leur prise d'oestrogène. Si vous êtes dans ce cas, cette étude confirme que vous vous trouvez dans la catégorie la mieux documentée en termes de sécurité vasculaire. Ce n'est pas une surprise pour les spécialistes français : les recommandations des sociétés savantes privilégient déjà la voie transdermique depuis plusieurs années.
En revanche, si vous prenez un traitement oral et que vous n'avez pas encore discuté avec votre médecin de la possibilité de passer à la voie transdermique, c'est une question qui mérite de lui être posée.
Rappel des bénéfices documentés du THM
Cette étude porte sur les risques d'une forme spécifique de traitement et ne remet pas en cause les bénéfices documentés du THM sur les symptômes vasomoteurs, la qualité du sommeil, la santé osseuse et la qualité de vie. La HAS rappelle que le rapport bénéfice-risque reste favorable pour les femmes dont les symptômes altèrent suffisamment leur qualité de vie, à condition d'utiliser la dose minimale efficace, et de réévaluer régulièrement la situation avec leur médecin.
Pour aller plus loin
Si cette étude vous inquiète ? Parlez-en à votre médecin, et n'hésitez pas à lui poser des questions précises : est-ce que mon profil de risque a changé, est-ce que mon traitement mérite d'être réévalué ?
Pour comprendre le THM dans son ensemble, notre page dédiée couvre tout : ce que le traitement fait, comment il se prend, les risques réels chiffrés et les ajustements possibles.
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